Vacances-éclair (partie 1).
Je vous précise, que toutes relations sexuelles consenties ou non avec des mineur(es) sont interdites et punissables par la loi.
Jeudi, 17 janvier 2002 : Aéroport de Mirabel
Il est 6h48 et Stanley franchit les portes de l’aérogare après avoir roulé une quarantaine de minutes depuis son condo situé dans le Vieux-Port de Montréal. La température est exceptionnellement douce pour cette période de l’année. Le baromètre indique -5 degrés Celsius, le ciel est nuageux, quoi qu’à cette heure matinale, on ne s’en aperçoive que très peu car le jour commence à peine à poindre à l’horizon.
La météo des prochains jours ne s’annonce guère plus réjouissante : des températures toujours au-dessus des moyennes saisonnières, mais à chaque jour un peu de pluie et de neige avec des températures oscillant entre -6 degrés et +7 degrés Celsius. Bref, un temps de chien, avec beaucoup d’humidité et de gadoue et, surtout, un ciel toujours gris.
Stan se dirige directement au comptoir de la compagnie aérienne Air Transat afin de prendre sa carte d’embarquement et déposer ses bagages. Ayant eu la prévoyance d’arriver tôt, il n’a pas à faire la file. Il choisit un siège au niveau des ailes, près du hublot. Malgré la fatigue de cette nuit trop courte, malgré le temps maussade, il se sent le cœur léger comme un adolescent s’apprêtant à faire l’école buissonnière.
La préposée au comptoir lui tend sa carte carnet avec un sourire qu’il note un peu plus empressé que tout simplement courtois. Il lui rend son sourire, habitué qu’il est à ces marques spontanées. Il reconnaît parfaitement le charme qu’il dégage.
Malgré ses 42 ans bien sonnés, il paraît tout au plus la mi-trentaine. Sa chevelure d’ébène, à peine teintée de gris aux tempes, sa stature imposante (il fait presque 6 pieds), son corps bien proportionné, sans excès de gras, ses yeux pers à peine camouflés derrière ses lunettes à fine monture italienne de couleur noire, sa façon de se vêtir, toujours à la fois classique et décontractée, en font un homme ne passant nullement inaperçu.
Sa réussite en affaires, son célibat nouvellement acquis depuis 2 ans, son ouverture d’esprit, son plaisir évident à rencontrer de nouvelles personnes lui donnent une assurance qui le démarque des autres. Père de deux grands enfants dont il est particulièrement fier, il a vécu quelques expériences suite à son divorce, dont quelques-unes avec des hommes, réalisant ainsi des fantasmes restés inassouvis depuis son adolescence.
S’étant levé très tôt, en pleine nuit en fait, il n’a pas encore pris son petit-déjeuner et se dirige donc vers un des café-resto de l’aéroport. Il prend un muffin et un café, ramasse le journal du matin et s’assied à une table. Une trentaine de minutes plus tard, il commande un autre café. Perdu dans ses pensées, un sourire apparaît au coin de ses lèvres alors qu’il se remémore les événements de la veille.
* * * * * * *
En ce mercredi après-midi nuageux, vers 16h40, il roulait en direction du bureau après avoir remis à un important client le projet final d’une vaste campagne publicitaire qui doit être lancée au printemps prochain. Une pub à la radio attira son attention. Une agence de voyages métropolitaine offrait des rabais de dernière-minute. Et parmi ceux-ci, un forfait de 4 jours vers Puerto Vallarta, au Mexique, à un prix vraiment dérisoire. Le seul problème, il fallait être prêt à partir vite. En effet, le décollage était prévu à dix heures le lendemain matin.
L’offre était vraiment très alléchante. Stan se mit à rêver de se retrouver sous les chauds rayons du soleil, s’offrant la dolce farniente. Il le méritait bien, après le «rush» d’avant les Fêtes de fin d’année, les nombreuses réceptions d’affaires et les réunions familiales auxquelles il avait dû assister au cours des dernières semaines. Associé à deux amis dans une boîte spécialisée en campagnes publicitaires depuis une quinzaine d’années, ses semaines de travail étaient souvent longues, stressantes et harassantes.
Sur un coup de tête, il se dit : ‘’C’est décidé, je m’envole !’’. Il prit son téléphone cellulaire et composa immédiatement le numéro cité dans l’annonce radiophonique. On lui mentionna que cette offre comprenait le vol aller-retour, l’hébergement de 4 nuits à l’hôtel Tropicana, avec chambre offrant vue sur mer, ainsi que les petit-déjeuners. Sans hésiter, Stan décida de céder à l’impulsion du moment et réserva au moyen de sa carte de crédit. Les meilleurs moments de sa vie n’étaient-ils pas liés à ces moments de douce folie ?
Il ne s’attendait pas au grand luxe mais tout ce qu’il souhaitait, c’était de se retrouver pour quelques jours sous le soleil, loin de tout, et RELAXER.
En rentrant au bureau, il informa ses associés qu’il repartait aussitôt et ne serait de retour que le lundi suivant. Incrédules, ceux-ci lui demandèrent ce qui lui arrivait. Il leur répondit tout simplement : ‘’J’ai décidé de m’offrir une petite vacance-éclair et je pars pour le Mexique demain matin. Je viens de remettre le méga-projet à notre client et ne m’attends pas à une réponse avant la semaine prochaine. Donc, bye bye le travail, bye bye le téléphone, bye bye l’ordinateur, je m’évade. Je vous laisserai le numéro de l’hôtel où je serai avant de partir, mais vous ne m’appelez qu’en cas d’extrême urgence.’’ Et il ajouta en riant : ‘’Vaya con Dios mi amigos.’’
En rentrant chez lui, il s’affaira aussitôt à préparer ses valises. Il sortit quelques vêtements légers de son coffre (bermudas, polos, chemises) et les pressa. Heureusement, son passeport était en règle. Il appela ensuite ses parents pour les informer de son absence. S’il y a une chose qu’il avait apprise en travaillant à son propre compte, c’était d’avoir cette capacité de réagir rapidement.
Vers 22h30, tout était prêt et il se mit au lit, devant partir très tôt le lendemain matin. Il n’avait pas eu le temps de passer à la banque pour changer des dollars en pesos, mais il pourrait le faire à l’aéroport ou une fois arrivé à l’hôtel. Il régla la sonnerie de son réveil à cinq heures mais se doutait fort bien que l’exaltation de partir ainsi à l’improviste troublerait son sommeil.
Il aurait évidemment préféré partir accompagné. Qui dit vacances dit soleil, sable chaud, palmiers, eau bleutée… dit aussi détente, plaisirs de toutes sortes dont, entre autres, la bonne bouffe et la sexualité revigorée. Mais, comme le disait souvent sa grand-mère, faute de pain, on mange de la galette !
* * * * * *
Vers 8h40, Stan se dirigea vers les douanes pour accéder à l’aire réservée aux voyageurs attendant leur départ. Dans environ une heure, il serait à bord de l’appareil. S’assoyant dans un fauteuil, il sortit un roman de science-fiction qui traînait depuis presque deux mois sur sa table de chevet et qu’il avait à peine eu le temps d’entrouvrir.
Il en avait déjà lu une bonne trentaine de pages lorsqu’il leva les yeux. Un jeune homme traversait la porte entre les douanes et l’aire d’embarquement. Stan cessa de respirer pendant quelques secondes. Son cœur se mit à battre la chamade, ses yeux s’agrandirent, pupilles dilatées, des sueurs froides lui parcourant l’échine. En fait, ce jeune homme avait exactement le même type de physionomie que son dernier amant, celui dont il gardait des souvenirs indélébiles. Habillement décontracté (chandail gris chiné aux manches trop longues, t-shirt blanc dépassant sous son chandail, un jean élimé et la tête recouverte d’une tuque noire faisant nettement ressortir les traits de son visage. Des yeux marrons surmontés de sourcils épais, un regard où se mêlaient la joie de vivre, l’effronterie et le romantisme, un nez parfait, des fossettes au creux des joues et des lèvres généreuses et parfaitement dessinées. La beauté mâle incarnée. Stan estima son âge à la mi-vingtaine, celui qui le faisait frémir le plus, tout juste sorti des hésitations de l’adolescence mais avec la nouvelle certitude du jeune mâle en puissance. Il tentait désespérément de se contrôler, mais peine perdue. À peine quelques secondes après avoir baissé les yeux sur les pages de son roman, il les relevait à nouveau en direction du jeune homme.
À force de l’observer, en tentant de ne pas trop se faire remarquer, Stan nota dans la gestuelle du jeune homme qu’il devait être particulièrement sensuel. Ses mimiques faciales, très expressives, le faisaient littéralement craquer. Celui-ci prit place parmi les autres passagers, dans un siège faisant presque face à celui de Stan. Leurs yeux se croisèrent l’espace d’un instant et Stan lui adressa instinctivement un sourire. Le jeune homme lui rendit son sourire en hochant négligemment la tête.
Stan se replongea dans sa lecture, oubliant pour l’instant cette image certes idyllique, mais fort probablement très aléatoire. Une trentaine de minutes plus tard, une voix se fit entendre dans les haut-parleurs : Les passagers du vol 432 à destination de Puerto Vallarta sont priés de se présenter immédiatement à la porte 17A pour l’embarquement. Stan referma son roman, le rangea dans son sac et se leva, prenant place dans la file.
Franchissant la porte, il s’engagea à la suite des autres passagers dans le corridor menant directement à l’avion. En pénétrant dans la cabine de l’avion, il montra sa carte d’embarquement à l’agente de bord qui lui indiqua où se trouvait son siège. C’est à ce moment qu’il eût la surprise de constater que son siège était voisin de celui du jeune homme aperçu plus tôt. Le jeune homme se leva pour le laisser prendre place, près du hublot.
Quelques minutes avant le décollage, Stan se tourna vers le jeune homme qui avait visiblement l’air crispé. Il lui demanda :
- C’est votre baptême de l’air ?
- C’est si visible ?
- Votre respiration vous trahit.
- C’est que j’ai le vertige.
- Je l’ai aussi. Mais une fois passé au-dessus des nuages, ça disparaît très vite. Tout ira bien, vous verrez.
À 10 heures pile, le Boeing 757 d’Air Transat quittait la piste d’envol avec à son bord, 228 passagers, pour un vol qui devait durer cinq heures quarante-cinq minutes, à une vitesse de croisière de 850 km/h.
Le ciel était toujours très couvert mais dès qu’ils eurent franchi la barrière des nuages, ils se retrouvèrent sous un ciel tout bleu. Stan sourit en pensant que dans quelques heures, il débarquerait sous le chaud soleil du Mexique. Lorsqu’ils eurent atteint l’altitude et la vitesse de croisière requises, le capitaine les informa qu’ils pouvaient détacher leur ceinture. Il ajouta que la température y était de 34 degrés Celsius, avec de légers passages nuageux, et qu’il prévoyait y atterrir vers les16h45, heure locale.
Se tournant à nouveau vers son voisin de siège, Stan lui demanda :
- Et alors, ça va mieux maintenant ?
- Oui, beaucoup mieux. Merci. Vous aviez parfaitement raison.
À suivre…….
® SoftDan, janvier 2002
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