Vacances-éclair (partie 2).

Je vous précise, que toutes relations sexuelles consenties ou non avec des mineur(es) sont interdites et punissables par la loi.

Environ une heure après le décollage, l’avion filait maintenant tout droit vers le Mexique à 850km/h, survolant l’étendue ouatinée blanche des nuages contrastant avec le bleu éclatant du ciel. Stan s’était replongé dans la lecture de son roman et son jeune voisin de siège, maintenant soulagé de ses appréhensions face à son vertige s’était assoupi.

De temps à autre, Stan délaissait sa lecture pour l’admirer à son aise. Dieu qu’il était beau et attendrissant, les traits détendus, la bouche légèrement entrouverte. Stan l’aurait volontiers attiré contre lui pour accueillir sa tête contre sa poitrine et caresser ses cheveux sombres. Josh dormit ainsi pendant près d’une heure.

Lorsqu’il se réveilla, il se tourna vers Stan qui l’observait. Il lui adressa un sourire, ce merveilleux sourire qui lui creusait des fossettes dans les joues, et lui demanda s’ils arrivaient bientôt. Stan se mit à rire et lui dit qu’il lui faisait penser à son fils lorsqu’ils faisaient de longs trajets en voiture. Il ajouta que le vol durerait encore près de quatre heures. La conversation s’engagea naturellement entre eux.

Stan le découvrait un peu plus en l’écoutant parler. Il était de nature gaie et affable, spontané et direct et il se racontait sans artifices. Stan apprit ainsi que Josh avait 23 ans, qu’il était natif de la Beauce, qu’il avait deux frères et une sœur plus jeunes que lui, qu’il étudiait présentement en théâtre à Montréal où il cohabitait avec trois autres étudiants, que sa couleur préférée était le bleu, qu’il adorait la pizza, qu’il vibrait au son du blues et du jazz.

Pendant qu’ils discutaient, les agent(e)s de bord servirent le repas. Ils poursuivirent leur conversation en mangeant.

De son côté, Josh était séduit par l’attention que Stan lui portait. Il apprit qu’il avait de son côté 42 ans (chose qu’il eût peine à croire), qu’il était né et avait toujours habité à Montréal, qu’il avait une sœur unique, qu’il était co-associé dans une agence de publicité, qu’il avait récemment emménagé dans un condo au Vieux-Port de Montréal, qu’il était friand de desserts, que sa couleur préférée était le turquoise, et qu’aimant lui aussi le blues et le jazz, il affectionnait tout particulièrement la musique sud-américaine et ses rythmes endiablés.

Au fil de leur conversation, ils découvrirent pourquoi ils s’étaient ainsi retrouvés sur le même vol, pour la même destination. En fait, la mère de Josh avait entendue la même publicité-radio que Stan la veille et avait décidé d’offrir ce voyage à son fils avant qu’il n’entreprenne sa prochaine session d’études.

Après le repas, l’agente de bord annonça que la présentation du film allait bientôt commencer. Josh étira le bras pour escamoter le moniteur vidéo qui se trouvait sous le porte-bagages. Stan décida alors d’en profiter pour s’accorder une petite sieste, histoire d’être en pleine forme à l’arrivée à Puerto Vallarta. Le ronronnement des moteurs aidant, il s’assoupit rapidement.

Stan put ainsi récupérer le sommeil manquant, dormant pendant au moins quatre-vingt-dix minutes. Lorsqu’il se réveilla, il vit Josh battant la mesure de ses doigts sur l’accoudoir du siège, un baladeur sur ses cuisses et les écouteurs sur les oreilles.

Lorsque celui-ci s’aperçut que Stan était réveillé, il enleva ses écouteurs et lui demanda :

-         Bien dormi ?

-         Comme un loire !

Stan jeta un coup d’œil sur sa montre et dit :

-         Encore deux bonnes heures de vol.

-         Que prévoyez-vous faire en arrivant là-bas ?

-         Mon rituel sacré en voyage à la mer, je pose ma valise, j’enfile mon maillot et je me jette à la mer.

-         Sera-t-il toujours assez tôt pour le faire ?

-         J’imagine que oui. Nous atterrissons à 14h45 heure locale et l’hôtel n’est qu’à quinze minutes de l’aéroport. En comptant le temps de passer les douanes, l’attente possible du bus, nous devrions arriver à l’hôtel vers les 15h30.

-         Vous semblez bien renseigné. Êtes-vous déjà allé à cet endroit ?

-         Non, mais j’aime bien savoir à quoi m’attendre, aussi j’ai fait quelques recherches sur Internet hier soir après avoir fait mes bagages.

La conversation se poursuivit ainsi durant jusqu’à l’arrivée à Puerto Vallarta. Ils se posèrent sur la piste à l’heure prévue, soit vers 14h45. La sortie de l’avion se faisait directement sur la piste. Quel contraste ! Se retrouver sous un soleil radieux, avec une température de 34 degrés Celsius. Le bonheur total ! En proie à l’ivresse du moment, Josh ébouriffa d’un geste taquin la chevelure de Stan en lui disant :

-         Bienvenido en Mexico, signor !

-         Tu parles espagnol ?

-         Je me débrouille assez bien.

Après avoir récupéré leurs bagages et passé les douanes, ils sortirent devant l’aérogare, cherchant des yeux l’autobus qui devait les conduire à leur hôtel. C’est alors que Stan demanda à Josh :

-         Au fait, je logerai au Tropicana. Et toi ?

-         Moi aussi !

-         Formidable !

Stan vit le premier l’autobus local qu’ils devaient prendre. De marque Mercedes, peint en jaune et vert, il affichait «Bahia de Banderas, Hötel Tropicana, Blue Bay Club, La Jolla de Mismayola». Le trajet fut comme prévu de courte durée. Heureusement, car il y régnait une chaleur suffocante. Une vingtaine de minutes plus tard, ils descendaient devant le Tropicana. Son imposante façade blanche se découpait sur le vert des montagnes trônant en arrière-plan et de majestueux palmiers se dressaient presque jusqu’au sommet de ses neuf étages.

Ils se présentèrent à la réception où on leur fit remplir les formalités d’usage pour leur remettre ensuite leurs clefs. Voilà, enfin, les vacances commençaient vraiment. Stan avait une chambre au deuxième étage de l’immeuble tandis que Josh en occuperait une tout en haut, au neuvième étage. Se faufilant dans l’ascenseur à la suite d’autres vacanciers, Josh dit à Stan :

-         Vous projetez toujours de vous jeter à la mer ?

-         C’est la première chose que je vais faire.

-         Alors, le dernier arrivé paie le dîner à l’autre. Ça vous va ?

-         Marché conclu ! Mais à une seule condition !

-         Oui. Laquelle ?

-         Que tu cesses de me vouvoyer.

-         Avec plaisir !

Stan descendit au deuxième étage et se rendit à sa chambre. Comme il l’avait prévu, ce n’était pas le grand luxe, mais l’endroit était très propre et surtout, la vue était phénoménale. Par la fenêtre de la chambre, on voyait la mer s’étendant à perte de vue. Stan posa sa valise sur le lit et, se rappelant qu’il devait donner le numéro de l’hôtel à ses associés, il prit le combiné sur la table de chevet. Il lui fallut quelques minutes avant de réussir à les rejoindre. Évidemment, il dut répondre à leurs questions. Oui le vol s’était très bien déroulé, oui il faisait beau et chaud, oui il comptait bien en profiter au maximum, etc.

Après avoir enfin raccroché, Stan enfila son maillot et se précipita vers la plage. Josh l’avait sûrement devancé de plusieurs minutes. Il l’aperçut enfin, nonchalamment assis sur le sable chaud, face à la mer, l’air rêveur, le corps tout trempé, les bras appuyés sur ses jambes relevées, portant un maillot rouge à fleurs blanches. Arrivé à sa hauteur, il lui dit :

-         Désolé, je devais absolument donner un coup de fil à Montréal.

-         Pas de problème. C’est toi qui paiera la note, et je te préviens, j’ai une faim de loup ! Allez, jette-toi à la mer, elle est super bonne.

Stan s’élança et plongea dans l’immensité bleutée, le cœur rempli d’allégresse, savourant pleinement ces instants de pure joie.

Après quelques minutes à s’ébouriffer dans l’eau comme un jeune chien, il revint sur la plage. En approchant de Josh, il remarqua que celui-ci le regardait intensément. Il s’allongea à ses côtés, soupirant d’aise sous les rayons bienfaisants du soleil. Environ une demi-heure plus tard, le soleil disparaissait rapidement sous les flots, faisant passer le ciel du bleu le plus pur, à l’orangé, au bleu très sombre sur lequel les étoiles se détachaient très nettement. Allongés côte à côte sur le sable, ils assistaient muets d’extase à ce spectacle grandiose, se laissant bercer par le doux clapotis des vagues.

À suivre…….

® SoftDan, janvier 2002

Josh interrompit leur silence contemplatif en disant à Stan :

-         Je meurs de faim.

-         Comme tu as gagné ton pari, c’est moi qui paie la note. Où veux-tu aller ?

-         J’sais pas trop, on pourrait demander conseil à la réception.

-         Bonne idée ! On y va ?

-         Ouais.

Ils se relevèrent tous deux et retournèrent à l’hôtel. En entrant dans le hall, Josh dit à Stan :

-         On pourrait d’abord aller se changer et vérifier ensuite auprès de la réception les restaurants à proximité. Je monte à ma chambre, viens m’y rejoindre lorsque tu seras prêt.

-         Parfait, à tantôt alors.

Stan se dirigea à sa chambre, prit une bonne douche, se rasa et s’habilla, choisissant un pantalon de toile de couleur marine et un tricot léger de couleur bleu ciel. Il avait déjà hâte de retrouver Josh, heureux d’avoir fait sa connaissance. Lui qui croyait devoir passer ses quatre jours d’évasion seul, il avait trouvé non seulement une bonne compagnie, mais en plus très agréable et… immensément désirable.

Lorsqu’il fût prêt, il monta au neuvième étage de l’hôtel et frappa à la porte de la chambre de Josh. Il l’entendit lui dire d’entrer. Il le trouvant assis en indien sur son lit aux draps immaculés, déjà prêt, entièrement vêtu de noir. Il grillait tranquillement une cigarette. Il se leva et ils descendirent ensemble à la réception de l’hôtel. Le préposé leur dit que la rue Olas Altas, juste derrière, regorgeait de restaurants en tous genres et qu’ils en trouveraient sûrement un à leur goût.

Ils partirent donc à pied. Cette vieille partie de Puerto Vallarta offrait vraiment tout le dépaysement souhaité à ces deux hommes natifs de pays nordique. Le chemin recouvert de pavés ronds, le charme colonial de ce qui n’était qu’un modeste village de pêcheurs quarante ans plus tôt, comptant tout au plus 2,000 habitants. Tout en marchant, Stan raconta à Josh que Puerto Vallarta avait été connu du monde entier suite au tournage du film Night of the Iguana, mettant en vedette Elizabeth Taylor et Richard Burton en 1963. Ils arrivèrent à l’angle des rues Rodolfo Gomez et Olas Oltas, où se trouvait un établissement au nom familier : La Piazzetta. Josh dit à Stan :

-         Ça te tentes une bonne pizza ? Moi j’en raffole !

-         Comme tu veux ! C’est toi qui choisis !

Ils entrèrent et s’attablèrent près de la fenêtre. On y offrait une vingtaine de variétés de pizzas à la mode du sud de l’Italie. Stan choisit une bouteille de vin rouge pour accompagner le repas. Quel heureux mélange ! Se retrouver au Mexique, avec un p’tit beauceron, à manger de la pizza italienne. Celle-ci leur fut bientôt servie, visiblement délicieuse à en juger par le fumet qui s’en dégageait. Le serveur leur versa le vin. Josh leva son verre et trinqua avec Stan à leur nouvelle amitié. Ils mangèrent avec appétit, discutant de tout et de rien, apprenant à mieux se connaître. Les lumières du restaurant étaient tamisées et chaque table était éclairée d’une chandelle. La lueur doucement jaunâtre de ce décor accentuait les traits de Josh, que Stan ne se lassait d’admirer.

Les haut-parleurs disséminés aux quatre coins du restaurant diffusaient la musique provenant sans doute d’une radio locale. Stan reconnut l’une des pièces jouée par son groupe préféré : Corazon espinado par Santana. Ses doigts battaient la mesure sur la table, trahissant sa passion pour ces rythmes chauds. Il raconta alors à Josh avoir été batteur dans quelques groupes amateurs au temps de son adolescence. Puis, suivit la chanson Como Fue, magnifique balade chantée en espagnol, tellement romantique. Stan demanda à Josh s’il avait déjà vu le film The Mambo Kings, mettant en vedette le magnifique Antonio Banderas. Cette pièce était jouée dans le film. Il ajouta que les balades sentimentales espagnoles étaient celles qu’il considérait comme les plus belles au monde, leur rythme langoureux trahissant toute la passion des latins.

Josh découvrait, ravi, le goût très prononcé de Stan pour le romantisme. Il lui avoua préférer la compagnie des gens passionnés, qui savaient vibrer au rythme de leurs sentiments. Leur discussion se poursuivit ainsi jusqu’à la fin du repas. En reprenant la direction de l’hôtel, ils s’arrêtèrent à mi-chemin, s’assoyant sur un banc public, face à la plage. Ils discutaient toujours, comme s’ils voulaient tous deux prolonger le plaisir d’être ensemble. Stan ressentit alors très fortement l’attirance qu’ils éprouvaient l’un pour l’autre. Josh le regardait intensément, semblant retenir son envie de le toucher, ne serait-ce que du bout des doigts.

Ils regagnèrent finalement l’hôtel. Stan proposa à Josh de prendre un digestif au bar et de monter à sa chambre, pour plus d’intimité. Il accepta avec joie. Stan lui tendit la clef de sa chambre et lui dit :

-         Montes, je passe prendre nos verres et je te rejoins.

Josh monta à la chambre de Stan et sortit l’attendre sur le balcon, admirant à nouveau le spectacle enivrant de la mer. Stan le rejoint quelques minutes plus tard, s’approcha derrière lui, son bras frôlant l’épaule de Josh en lui tendant son verre. Celui-ci se retourna en souriant. Stan avait l’impression d’avoir une nuée de papillons dans l’estomac. Il ne voulait poser aucun geste susceptible de déplaire à Josh, mais il devait savoir si ce qu’il avait cru percevoir était exact. Après plusieurs minutes d’hésitation, et quelques gorgées d’alcool, il se décida à foncer:

-         Est-ce que je me trompe si je te dis que je sens passer entre nous quelque chose de plus intense qu’une simple sympathie ?

-         Non, tu ne te trompes pas.

-         Et tu es à l’aise avec ce sentiment ?

-         En autant qu’ils soit partagé, oui.

-         Il l’est… et il ne pourrait l’être plus.

Tant de désir, contenu pendant toutes ces heures. Stan posa son verre, se glissa derrière Josh et risqua un doux baiser sur sa nuque. Josh frissonna et tourna son visage vers Stan. Dans un élan mutuel, leurs lèvres se soudèrent. D’abord timide, leur baiser s’intensifia. N’ayant nullement l’intention de se donner en spectacle, Stan attira Josh à l’intérieur et ferma les rideaux.

Sans un mot, dans un silence quasi monacal, ils se déshabillèrent à tour de rôle, couvrant leurs corps de baisers passionnés. Leurs lèvres et leurs mains s’activaient fébrilement à les mener de plus en plus haut, de plus en plus loin, partageant avec émotion, presque avec dévotion, ce désir commun.

Lorsque Josh s’étendit sur les draps immaculés, posant une main derrière sa tête, Stan l’observa longuement. Josh était tout ce qu’il pouvait imaginer de mieux. Beau de la pointe des cheveux jusqu’au bout des orteils. Et ce regard… Ses yeux marrons brillaient d’une telle intensité ! Stan allongea son corps nu sur celui de Josh, leurs sexes dressés se frôlant, palpitants d’excitation. Ils partirent tous deux à la découverte de leurs corps, savourant et dégustant chaque centimètre de peau.

Stan put découvrir avec ravissement la versatilité du jeune homme, qui s’abandonnait par moments totalement à ses caresses, pour ensuite prendre hardiment le contrôle de la situation, lui démontrant toute la fougue de sa masculinité.

Ils ne formaient plus qu’un seul corps, qu’un seul désir, qui allait bientôt exploser littéralement, les emportant sur les plus hauts sommets de la jouissance. Celle-ci les foudroya, les laissant complètement exténués.

Ils s’endormirent tendrement enlacés, toujours sans mot dire, glissant dans un profond sommeil, bras et jambes entremêlés, comme pour prolonger leur étreinte toute la nuit, grisés par le murmure des vagues qui venaient se briser sur la plage et la douce caresse du vent qui se glissait par la fenêtre ouverte.

À suivre…….

® SoftDan, février 2002

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